Jean-Paul Lastenette à la demande / Carnaval des Gras

Les GRAS

Ce carnaval est une véritable institution à Douarnenez. Durant 4 jours tous les habitants s’organisent pour briller de mille feux et faire offrande de leur originalité à leur ville. Tout démarre le samedi avec l’intronisation du Den Paolig, le « roi de la fête », il est accroché au pignon des halles, en plein centre-ville. Accompagné par les fanfares de la ville (il y en à 4, la plus féminine « Les reuz bonbons », la plus cuivrée « Savato », la plus fournie « la fanfare de Kermarron », la plus ancienne « A bout de souffle »), le comité des GRAS déambule pendant presque 2 heures dans les rues de la ville derrière la marionnette géante qui représente à chaque fois un illustre personnage de la commune. Cette année c’est « Pierrot » le pizzaiolo qui a eu les honneurs de trôner sur cette fête ancestrale et populaire. Le dimanche matin place à la « noce », un groupe composé essentiellement par des hommes qui avait choisi cette année le thème du mexique. L’après-midi place au défilé composé de chars, de groupes costumés, de fanfares. La fête se poursuit le lundi par la course des garçons de café. Le mardi soir se déroule à présent à la salle des fêtes. Le mercredi après-midi place aux enfants avec un bal qui leur est consacré. Puis le soir on décroche le Den Paolig, on le descend jusqu’au port où on le brûle sur la cale longue.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Discours prononcé le 25 février 2017 à 17h00 sur la place des halles de Douarnenez.

PIERROT

Il est né le 26 février 1956 à Marseille quartier Vauban.

Il a d’abord été apprenti plombier chauffagiste avant de s’engager dans la marine et d’atterrir sur la presqu’il de Crozon, pour être affecté à la surveillance de la plus célèbre discothèque des nuits de la presqu’il de Crozon : « le Jabadao », qui depuis 2012 n’est plus, elle été remplacée par un Weldom et un Point Vert.

C’est dans cette discothèque qu’il fait la connaissance de Christine la Penn Sardin, fille de marin pêcheurs, avec qui il convolera en mariage le 23 Juin 1979. Un mariage mixte ! Une Douarneniste et un Marseillais Métis : à l’époque c’est une fierté pour les élus qui les décore de la médaille de la ville.

Pierrot & Christine vivent tranquillement à Marseille, tout les deux dans la téléphonie, lui est opérateur de suivi sur les lignes téléphoniques, elle travaille sur les réseaux. C’est à cette époque qu’il a une idée, un futur projet de vie : Pierrot le téméraire, décide de créer son propre camion pizza, le fameux HY encore appelé TUBE à Pizza !

A l’époque à Marseille, capitale Française de la Pizza, on est habitué à ce nouveau mode de restauration ambulante, initié en 1962 par Jean Méritan, dit « Jeannot le pizzaïolo ». Oui c’est à Marseille que la pizza entre dans la grammaire culinaire française !

Mais à Douarnenez à l’époque les pizzas… c’est un peu comme la démocratie à Douarnenez, on sait que ça existe ailleurs mais à Douarnenez on se dit que ça ne marchera jamais

Que neni, nous sommes en novembre 1982, le moment choisi par Pierrot & Christine de se lancer dans la diagonale des fous, Marseille-Douarnenez en HY messieurs dames.

1242 kilomètres et 2 mois plus tard… Nos amoureux débarquent enfin à Douarnenez…

Mais Pierrot le téméraire n’en a que faire des « on dit ». Lui sillonne la ville à n’importe quelle heure du jour et de la nuit. On l’aperçoit à « l’arrêt des taxis », au marché de Tréboul, à Kermarron, à Kéraël.

La nuit il sert ses pizzas devant la discothèque « le Djambo » l’ancienne boite qui ensuite c’est appelée le Crystal puis le surf… Le problème c’est qu’à l’époque à 4h00 du matin en sortie de discothèque tout le monde lui demande : « T’aurais des frites avec de la mayo…?». Pourtant sur le camion c’est écrit Pizzas !

3 ans plus tard, en 85, Pierrot le Pizzaiolo se sédentarise en faisant l’acquisition de la maison de la belle famille, pour y implanter son futur restaurant !

Très vite, ce lieu trouve sa clientèle, entre les fêtards du samedi soir et les footeux du dimanche soir…

3 enfants et 25 ans plus tard, fatigué par le star system, il décide de jeter l’éponge et de convoler vers de nouvelles aventures.

En même temps, il reste encore quelques années à tirer. Dommage pour ce jeune homme pour qui la principale activité c’est la tranquillité. En 2010, il reprend du poil de la bête et se remet au fourneau en 2010, et ouvre la RIA sur le Port-Rhu.

Dans un an, toi et ta reine pourront définitivement profité d’une retraite royale et aller ainsi se pavaner sur le port de la Ciotat muni de ton diplôme obtenu après un stage chez Baloin, sur une caravelle tel le dernier des mohicans, nous te souhaitons de beaux voyages au Viêt-Nam ou à Tahiti.

Aujourd’hui Pierrot, tu rentres dans l’histoire officielle du Carnaval des GRAS de Douarnenez, dans la arcanes de la mythologie Penn Sardin.

Tandis que la toque du Den Paolig restait accroché dans les branches devant l’office du tourisme, les pâtissiers Thierry Lucas et Alain Le Berre de l’Association des artisans fabriquant le véritable kouign aman de Douarnenez, s’impatientaient devant leur Kouing Aman géant fraichement sorti du four.

Pendant ce temps je vendais certains espaces publiques de la ville aux enchères : le rond-point de pouldavid avec son anse à dévaser,  l’église de ploaré à la façade rafraichie, les quais du port et ses nids de poule, la rue monte au ciel, la chicane du Port-Rhu, la plage des chiens, le boulodrome et cerise sur le gâteau le double rond-point de tréboul…

Puis dans cette interminable cérémonie dont j’étais le principal fautif, je clôturais ce moment en remerciant les figures incontournables du comité des GRAS en leur offrant en récompense de leur travail une médaille des GRAS. Pour les remettre j’étais accompagné par la reine de l’actualité de ces dernières semaines, la représentante des attachés parlementaires de France, la fictive, celle qui travaille plus vite que son hologramme : Pénélope Fillon !

Pierrick Saouzanet : Fidèle parmi les fidèles. Seule personne du comité qui pendant les gras ne boit pas une seule goutte.

Jean-Roger Abadie : Originaire de Monléon-Magnoac dans les hautes Pyrénées. Il est le chauffeur officiel du Den Paolig. Infirmier de formation, il a fait carrière à l’hôpital de Gourmelen.

Dédé Le Gall alias la femme sandwich : Elle a nourrit des générations d’enfants de la ville en travaillant toute sa vie durant dans la cantine communale. Elle fait partie de la fine équipe des femmes sandwichs qui tous les dimanche matin des gras, préparent 650 Sandwich pâté ou Jambon beurre pour les 340 bénévoles. Alors j’ai compté ca fait 1,91 sandwich par bénévole…

Jokas : Den Paolig en 2016. « Où Jo-kass passe la qualité refait surface, ou Jo-kass pisse les jardins refleurissent ». Ouvrier agricole, carrossier, sableur, videur de boite de nuit (la cabane pendant 20 ans), il fut patron de bistrot « la forge » route de Quimper, pêche côtière à Audierne, Véolia (15 ans). C’est un séducteur timide et généreux parfois borné, un peu à la manière de son idole, Mike Brant qu’il a vu en concert à l’âge de 8 ans, du temps ou feu la discothèque le Crystal s’appelait alors « le Sako ».

Sébastien le Hénaff : à 3 mois, déjà, il construisait son premier char. Il est vite tombé dans la marmite des gras. Faut que lorsque tu t’appelles Hénaff à Douarnenez t’as pas trop le choix… Ils commencent leur char 4 ans avant les autres, c’est à dire qu’en ce moment il se prépare aux GRAS 2020, lorsque l’interdiction de se déguiser sera mise en place par l’ex-futur préfet.

Damien Hénaff  : Le coordinateur de l’événement, le trésorier, surnommé le « négociateur de chez Weldom », c’est un cœur à prendre qui vient s’installer à ploaré…

Fils Puenot : Den Paolig en 96, Cet électricien sur les bateaux de pêches (maquereaux) reprend l’affaire familiale dans les années 90. En couple illégitime avec Richard Janick depuis la préhistoire, son déguisement est fait en 1 jour, « c’est ça les gras on est pas au carnaval de Nice ici ». Amoureux de l’île de sein où il aime réveillonner avec Didier le Bihan.

Patrick Troadec : Né le 5 août 55, petit dernier d’une famille de 5 enfants. Marié à Josiane, Il a 4 filles fabriquées entre 82 et 86. 17 ans : Ecole de maistrance – Départ à St Raphaël – Devient mécanicien de bord. Il a vécu à Tahiti. Il a effectué des missions au Tchad, Canada, Dakar. Il appartenait à la brigade Atlantique à Libreville au Gabon. En 88 il revient à Douarnenez pour réaliser son rêve d’ado de monter une casse. Cheville ouvrière du club de Foot de la Stella Maris. Son engagement associatif l’amène à Madagascar où il part construire des puits pour les écoles.

Cette cérémonie était dédicacée à Jo Cabresin, décédé quelques jours auparavant.


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