Bénévoles dans tous les sens

Qu’est ce qu’il se passe devant une œuvre – ou qu’il ne se passe rien ? D’ou vient le fait qu’on s’ennuie parfois en regardant une œuvre ?

Parfois le public rencontre des œuvres impénétrables, comme indisponibles ou délibérément muettes, refusant de communiquer avec eux. Cet échec de communication est d’autant plus criant que le reste s’efforce de se mettre à portée de main, et qu’à part l’art contemporain tout se veut accessible, facile, plaisant, consommable immédiatement.

Selon nos auteurs, Baptiste Morizot et Estelle Zhong Mengual, c’est justement pour ne pas voir digérés par la société du spectacle, pour éviter que leurs travaux soient assimilés et zappés par la société de consommation, que les artistes «  se sont rendus absolument indigestes », inaccessibles et vont à rebours de toute tentative de séduction. Cette attitude prolonge l’attitude moderniste, construite à partir d’opposition radicale avec le kitsch et l’industrie culturelle.

Il y a rencontre à chaque fois qu’une tension interne, vague, encore informe, trouve soudain dans l’œuvre d’art une « solution. L’art devient alors la mise en forme de tensions à l’intérieur de soi, qui étaient jusque-là destructrice, tel l’adolescent qui trouve dans le premier album de nirvana l’expression de sa frustration enfin mise en forme ». Un bon artiste est celui ou celle transmet au spectateur la manière la manière dont l’œuvre a émergée comme une solution et une reconfiguration » de sa propre tension intérieure, mais aussi de l’ordre du monde.

Article extrait de la revue beaux arts sur l’ouvrage « Esthétique de la rencontre ».

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