Bénévole(s) suite

Ca part de là.

Depuis mes 11 ans je côtoie le monde associatif, que ce soit dans des clubs de sport, des compagnies de théâtre, des collectifs d’artistes, des lieux partagés, des associations environnementales, des collectifs d’habitants.

Souvent je ressens un décalage entre les objectifs qui nous réunissent, plein de bonnes intentions, et la manière de les atteindre, peu vertueuse.

C’est lors d’une réunion d’organisation d’une fête de quartier il y a 2 ans qu’est née chez moi l’envie de faire un spectacle sur cette contradiction du monde associatif. Il y avait si peu d’écoute lors des échanges, si peu de désir d’être là, et tellement d’attentes différentes de la part de chacun. Plutôt que de lutter contre la frustration mon esprit s’est échappé et la réunion devenait pour moi une scène de théâtre, où se jouait, l’incompréhension, l’humiliation, la culpabilisation, parfois la domination et la violence.

Il y a un an, j’ai intégré un collectif réuni autour d’un projet d’habitat groupé participatif. Je n’avais jamais été aussi bien accueilli, considéré et écouté dans un collectif. Il y avait une grande qualité d’échange et de réflexion, un profond respect de chacun, et à la fois une conscience forte de la difficulté de faire ensemble.

Cette manière de fonctionner fût pour moi une véritable révolution et a confirmé ma conviction : à plusieurs le voyage est plus riche et permet d’aller plus loin. Elle m’a redonné espoir dans notre capacité à faire des choses collectivement dans le respect des individus.

En créant Bénévole(s), je souhaite montrer, avec humour, l’absurdité et les dysfonctionnements des modèles dominants de gouvernance dans le milieu associatif afin d’éveiller les consciences et faire naître chez le spectateur le désir de changement. C’est mon intention personnelle profonde.

Ce changement me paraît essentiel pour redonner du sens et de l’envie aux cinq millions de bénévoles français guidés par le souhait d’une société plus juste.

Il est fondamental pour que perdurent durablement les associations, poumon de notre société aujourd’hui fragilisé par l’individualisme et par les politiques destructrices de l’Etat.

Ronan Le Fur

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